
En juin 1968, Aretha Franklin, alors âgée de 26 ans, est la première femme noire à avoir l'honneur de faire la une du prestigieux Time Magazine.
Deux ans plus tôt, la jeune Aretha semble pourtant avoir plus le profil d'une artiste quelque peu "has been" qu'un profil de futur génie de la soul music...
Quatre lettres qui sonnent comme un claquement de doigt: Stax.
Rufus Thomas, Booker T & The MG's, Otis Redding, Isaac Hayes, Eddie Floyd, The Dramatics, Sam& Dave, The Staple Singers, The Barkays,William Bell, David Porter, Jean Knight, Johnnie Taylor, Albert King... Dans les années 60 et au début des années 70, Stax Records est clairement, avec Motown, la grande maison de disque "noire".
Retour sur une expérience unique d'association multiraciale dans le sud des États-Unis, créatrice du son que l'on qualifiera, en opposition à la soul de Detroit (Motown) ou de Chicago (The Impressions, Curtis Mayfield), de "Southern Soul".
On peut légitimement se demander la tête qu’à fait le légendaire guitariste de blues Anglais Jeff Beck lorsque le titre de Stevie Wonder « Supertition » fait un énorme carton en 1972. Tout avait pourtant bien commencé pour l’ex-guitariste des Yardbirds.
Lassé de ne pas voir son nom crédité sur les albums, lassé de devoir dormir dans des hôtels de seconde zone, lassé d'un manque flagrant de reconnaissance alors qu'il est le chanteur principal d'un groupe à succès, Theodore Pendergrass décide en 1976 de quitter Harold Melvin & The Blue Notes pour se lancer dans une carrière solo. En 5 ans, Teddy Pendergrass devient alors une star incontestée de la soul, sex-symbole afro-américain, héraut du caractéristique Philly Sound, avant de subir un tragique destin.
Un son soul inimitable.
Son nom ne vous dira pourtant sans doute pas grand chose. Il est pourtant celui qui lance la jeune Ann Peebles à la fin des années 60 et qui découvre, produit et arrange les meilleurs albums de l'homme qui changera son destin : Al Green.
Cela faisait quarante ans que l'on attendait ça : la possibilité d"écouter enfin en intégralité « Get Yer Ya-Ya’s Out ! », l’enregistrement culte des Rolling Stones issue de deux concerts qui ont eu lieu au Madison Square Garden, le 26 et 27 novembre 1969.
Pourquoi en parler sur World of Soul ? Outre le fait que les passerelles entre les Stones et la soul music sont nombreuses (la fabuleuse reprise «(I can’t Get No) Satisfaction» par Otis Redding n’est qu’un exemple parmi d’autres), cette réédition va enfin nous permettre d’écouter la prestation d’Ike & Tina Turner jamais sortie à ce jour.
Un concert inédit de Ike & Tina Turner datée de novembre 1969 cela ne se refuse pas !
Dans la rubrique « pionniers oubliés », World Of Soul s'attarde aujourd"hui sur l’artiste que l’on nommera très vite « The Prince of the Blues ». Fervent admirateur du chanteur,le « Soul Brother number One », James Brown himself, lui consacre en 1968 un album hommage. Certains de ses morceaux seront repris par les Beatles, Peggy Lee, Elvis Presley, Fleetwood Mac ou bien encore Madonna. Mort à 31 ans, il nous laisse un morceau devenu culte, « Fever ».
Mais qui est donc ce Little Willie John ?
Itinéraire raté d'un enfant gâté : il ne manquait pas grand chose à Jackie Wilson pour être l'alter ego d'un Sam Cooke ou d'un James Brown. Talentueux danseur, une voix d'une rare puissance, une vie agitée qui aurait pu élever cet obscur artiste au rang de mythe. Pourtant, par ses choix (ou plutôt ses non choix) artistiques, le nom de Jackie Wilson était tombé dans un quasi-anonymat à sa mort avant qu'il ne soit étrangement réhabilité en 1987 par une publicité reprenant son efficace tube 50’s « Reet Petite ».
Voici un superbe coffret limité qui vient de sortir dans le cadre des 50 ans du mythique label Motown et qui mérite notre attention: Motown: The Complete No. 1's.
Au programme les 191 hits du label (qui ont TOUS été N°1 au billboard Magazine) et 10 reprises : le tout en 10 CD au format deluxe.
Imaginez un peu, pour reprendre les comparaisons utilisées par le journaliste Peter Guralnick dans son œuvre majeure Sweet Soul Music, «le King Elvis Presley renonçant à son trône ou les Beatles se mettant à prêcher la foi chrétienne au plus fort de leur célébrité». C’est un séisme que provoque en effet le jeune Sam Cook (le e viendra plus tard) en quittant en 1957 son statut de star du gospel pour se tourner vers «la musique du diable».
Vendredi 17 octobre 2008, Don Cornelius a été arrêté pour soupçon de violence domestique à son domicile de Hollywood Hills. Il a été emmené en prison et relâché sous caution de 50.000 dollars. Don Cornelius ? Vous ne voyez pas ? Le créateur de l’émission où la coupe afro et les pantalons pattes d’éph sont rois ? Toujours pas ? Bon, une petite mise au point s’impose pour évoquer cette personnalité attachante et incontournable de la culture afro-américaine.
Comme le souligne parfaitement Sebastian Danchin dans son Encyclopédie du Rythm & Blues et de la Soul, l’objectif initial du fondateur de la maison de disque Motown a toujours été clair : « faire apprécier du grand public des artistes noirs parfaitement intégrés, porteurs du rêve américain ». Pour cela le visionnaire Berry Gordy n’hésite pas à employer les grands moyens pour éliminer « the smell of the street » de ses jeunes artistes : la création au sein de Motown d’une école du spectacle géré par l’auteur-producteur-chanteur Harvey Fuqua, « Artist Development Department ».
Isaac Hayes s'est éteint le dimanche 10 août 2008 , à l’âge de 65 ans.
"Black Moses" est un personnage à multiples facettes qui n’est pas seulement créateur en 1971 du fabuleux thème du film de Blaxpoitation Shaft ou l’incarnation à partir de 1997 de la voix du personnage « Chef » dans la série animée South Park. Rapide revue des autres talents de ce grand Soulman...
Aretha Franklin, James Brown, Marvin Gaye, The Jackson Five, Isaac Hayes, Miles Davis, Percy Sledge, Nina Simone, King Curtis, Grover Washington, Louis Armstrong, Roberta Flack, Quincy Jones, B.B. King, Gil Scott-Heron…
Leurs points communs : Bernard "Pretty" Purdie.
Disons le tout net, le batteur du Maryland est un des plus grand session drummer de tout les temps (sa frappe se retrouverait sur plus de 3000 albums). Mais, Purdie a aussi officié pour d'autres immenses artistes plus rock tels que Jeff Beck ou Steely Dan. Voir pour des groupes encore plus inattendus...
En 1988, le sulfureux groupe de rap Public Enemy cite un titre du trop méconnu Gil Scott-Heron "The revolution will not be televised" en ouverture de leur album It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back.
Comme Public Enemy, de nombreux rappeurs n'ont cessé de revendiquer l'héritage de cet artiste clé de l'histoire de la musique noire américaine. Alors, Gil Scott-Heron, Godfather du Rap ?
Dressons rapidement le tableau :
1/ Un jeune chanteur noir de gospel analphabète
2/ Un petit label de Memphis tentant de faire de l'ombre à Stax
3/ Deux joueurs blancs de pokers passablement éméchés
Au final un chef d'œuvre absolu de Southern Soul.
D'un côté une icône soul à la voix suave et sensuelle de l"autre un pays auquel on assimile difficilement le mot glamour : la Belgique
Mais que diable Marvin Gaye est-il allé faire dix huit mois de sa courte vie dans une ville plus connu pour ses crevettes grises que pour la musique, je veux parler, vous l’aviez compris, d’Ostende.












