
Dans la rubrique « pionniers oubliés », World Of Soul s'attarde aujourd"hui sur l’artiste que l’on nommera très vite « The Prince of the Blues ». Fervent admirateur du chanteur,le « Soul Brother number One », James Brown himself, lui consacre en 1968 un album hommage. Certains de ses morceaux seront repris par les Beatles, Peggy Lee, Elvis Presley, Fleetwood Mac ou bien encore Madonna. Mort à 31 ans, il nous laisse un morceau devenu culte, « Fever ».
Mais qui est donc ce Little Willie John ?
Itinéraire raté d'un enfant gâté : il ne manquait pas grand chose à Jackie Wilson pour être l'alter ego d'un Sam Cooke ou d'un James Brown. Talentueux danseur, une voix d'une rare puissance, une vie agitée qui aurait pu élever cet obscur artiste au rang de mythe. Pourtant, par ses choix (ou plutôt ses non choix) artistiques, le nom de Jackie Wilson était tombé dans un quasi-anonymat à sa mort avant qu'il ne soit étrangement réhabilité en 1987 par une publicité reprenant son efficace tube 50’s « Reet Petite ».
Imaginez un peu, pour reprendre les comparaisons utilisées par le journaliste Peter Guralnick dans son œuvre majeure Sweet Soul Music, «le King Elvis Presley renonçant à son trône ou les Beatles se mettant à prêcher la foi chrétienne au plus fort de leur célébrité». C’est un séisme que provoque en effet le jeune Sam Cook (le e viendra plus tard) en quittant en 1957 son statut de star du gospel pour se tourner vers «la musique du diable».












