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James Brown : Say It Loud - I'm Black and I'm Proud
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1968, l'année des révolutions: assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy, émeutes raciales aux Etats-Unis, manifestations contre la guerre au Vietnam, écrasement du Printemps de Prague, événements de Mai en France, massacre des étudiants à Mexico. 1968, l'année des révolutions, certes, mais les révolutions ne sont pas toujours que politiques. Non, en 1968, le Soul Brother Number One change de coupe de cheveux. Anodin me direz-vous ? Pas si simple…


"Depuis des années, le King était un esclave. Esclave de qui, de quoi? James Brown devait arborer cette coiffure qui lui demandait de douloureuses heures de préparation, depuis des temps immémoriaux. Jusqu'au mois dernier. A présent, le King arbore une coiffure afro. Tout le monde, y compris les Blacks Panthers et le SNCC (une organisation étudiante très radicale), pense que c'est une bonne chose. " 

Cet extrait d'article paru en 1968 dans le magazine Soul nous montre bien à quel point James Brown est bien plus qu"un simple artiste pour la communauté afro-américaine à la fin des années 60. Pour le poète activiste Amiri Baraka (de son vrai nom LeRoi Jones), chantre de la révolte des Noirs américains contre l'hégémonie de la culture blanche, James Brown n'est rien moins que "our number one black poet."

 Pour autant notre Godfather of Soul est loin de faire l"unanimité en cette année brûlante aux Etats-Unis à un moment où des millions de personnes se demandent s’il est possible d’être à la fois Noir et Américains.

En effet, dès le mois d’avril, au lendemain de l’assassinat de Martin Luther King, le chanteur essuie des critiques pour avoir appelé au calme lors de son concert à Boston (diffusé à la télévision en direct afin d'inciter les gens à rester chez eux). Peter Wolf, alors chanteur du J. Geils Band, se souvient de ce soir :"I remember going through the South End and every window seemed to be watching James Brown"

Partisan de l’intégration, préférant convaincre la jeunesse des ghettos de miser sur l’éducation et le travail, James Brown refuse absolument tout appel à la lutte armée. Dans son autobiographie, il relate une discussion avec le militant Rap Brown apôtre d’une violente « Black Revolution » :

« JB : Rap, I know what you are trying to do the same thing. But y’all got to find another way to do it. You got to put down the guns, you got to put away the violence.

RAP : You don’t understand…You just travel from town to town without staying long enough in one place to find out what’s really going on. I’m out in the neighborhoods, working with people. All you know is what you can see from the stage.

JB : Maybe, but I can see pretty good from there. I know what’s happening, and I understand why. I probably come from much poorer background than you do.

RAP : Then you should understand how people feel. You have an enormous following in the ghettos. You ought to get them to take action.

JB : I’m not going to tell anybody to pick up a gun…Besides, even if we did start a revolution, our people couldn’t do nothing but lose. We’re outgunned and we’re outnumbered. »

Le 8 mai, Mr Dynamite dîne à la Maison Blanche avec le Président Lyndon Johnson. A sa table, un petit mot du Président : « Thank you for what you’re doing for your country ». Il s’ensuit une tournée au Vietnam sponsorisé par le gouvernement pour soutenir les troupes.

En 1987, James Brown analyse avec une certaine naïveté cette action : "I was carrying the pride of America with me --- the pride of humanity from free people throughout the world. ... I take pride in going anywhere to serve God and to try to sooth the savage beast in man." Un peu dur à avaler pour de nombreux fans surtout après le panache d’un Mohammed Ali refusant d’aller se battre au Vietnam en 1966 et qui déclarait alors: "I ain't got no quarrel with them Viet Cong ... They never called me nigger."…

 

Enfin en juin 1968, il y a l’affaire du single « America is My Home » qui fini de semer le trouble dans la communauté afro-américaine.

« I was talkin’ about the land, the country, not the government. There’s no country can beat us if we get the race problem fixed. This is home; we can’t leave. Never found another nation yet that could make hard ice cream or decent soul food »

En cet été 1968, the Hardest Working Man in Show Business sent qu’il faut faire quelque chose pour ne pas se couper de son public et ne pas passer pour un simple « black capitalist » (il a alors sous sa coupe pas moins de 85 employés, il est le premier noir américain à posséder son propre avion et détient deux stations de radio). Le 7 août, c’est la sortie du single « Say It Loud - I'm Black and Proud ». Un tournant dans l’histoire de la musique noire puisque on y trouve pour la première fois un appel à l’action !

« Now we demand a chance to do things for ourserlf

We're tired of beatin' our head against the wall

And workin' for someone else

We're people, we're just like the birds and the bees

We'd rather die on our feet

Than be livin' on our knees

Say it loud, I'm black and I'm proud ! »

 

Le résultat est spectaculaire, le single co-écrit avec Pee Wee Ellis devient rapidement n°1 dans le classement « soul » (il le restera durant 6 semaines). Comble de l’ironie, les enfant criant le refrain « Say it Loud, I’m Black and I’m Proud » sont pour la plupart blancs ou asiatiques…

« The song cost me a lot of my crossover audience. The racial makeup of my concerts was mostly black after that. I don’t regret recording it, though, even if it was misunderstood. It was badly needed at the time. It helped Afro-Americans in general and the dark-skinned man in particular. I’m proud of that »

En février 1969, parlant de James Brown Look magazine se demande en première page "Is This the Most Important Black Man in America?"



03-09-2008 | Envoyer | Commentaires (1) | Lu 3956 fois | Public
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