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« Le plus africain des Noirs américains », voici le titre donné par Les Dépêches de Brazzaville quelques jours après la mort du « King of Pop ». Hommage déroutant de prime abord pour un artiste qui n’a eu de cesse de blanchir sa peau ces vingt dernières années. Quelques heures après l’annonce de la mort de Michael Jackson, des milliers d’habitants d’Harlem à New York sont venus se recueillir spontanément à l’Apollo Theatre, le temple de la musique noire qui a vu accueillir les plus grands artistes afro-américains dans les années 60 et 70. Peut-on en conclure que Michael Jackson, le Noir "blanchi", est une icône de la communauté afro-américaine?
Après avoir joué de la soul et du funk au sein de l’écurie Motown avec ses frères dans les Jackson Five, le jeune Michael s’est peu à peu éloigné physiquement de ses racines afro-américaines. Pourtant l’Afrique et la culture africaine tiennent une place importante dans la vie de la pop star. Bambi foule pour la première fois le sol africain, au début de l’année 1974 avec les Jackson Five. Onze ans plus tard, en janvier 1985, au milieu d`une famine en Afrique, Michael prend la décision avec d'autres célébrités musicales de démarrer la campagne de collecte de fonds pour venir en soutien à l’Ethiopie. Cette volonté prendra les formes d'une chanson devenue mythique intitulée “We are the world". Cette chanson écrite par Michael Jackson et Lionel Richie et enregistrée avec la participation de célébrités comme Bruce Springsteen, Tina Turner, Steve Wonder, Diana Ross, Ray Charles, restera comme une illustration de l`implication de la star dans les causes africaines. L’image de Michael Jackson est pourtant écornée en Afrique par l’affaire qui l’oppose au même moment au saxophoniste Manu Dibango. Le célèbre musicien camerounais reproche à la star de lui avoir irrégulièrement emprunté un passage de son titre Soul Makossa, avec lequel il s’est fait connaître aux Etats-Unis, dans le morceau Wanna Be Startin’ Somethin’. Après plusieurs années de procédure, le contentieux finira par se régler à l’amiable mais rebondira en 2009, Manu Dibango estimant que les engagements n’ont pas été respectés. En février 1992, Michael Jackson décide de se rendre à nouveau en Afrique. Il s’y rend pour tourner des séquences d’un film documentaire, « Come Back to Africa, Come Back to Eden », qui ne verra jamais le jour. En Côte d’Ivoire, il est reçu par un chef traditionnel d’une région située près du Ghana qui le couronne Roi du Sanwi. Le chanteur fait également étape en Tanzanie - où un timbre à son effigie est commercialisé.
Michael Jackson élargit son public et devient une star planétaire en 1982 avec l’album de tous les records : Thriller Grâce à la pression de sa nouvelle maison de disque CBS, l’artiste s’impose alors sur MTV, chaîne qui à l’époque ne diffusait que des clips d’artistes blancs. La musique noire entre alors sur une chaîne à grande diffusion. Le clip de la chanson Thriller semble lui-même être un porte étendard pour une reconnaissance totale de la culture afro-américaine : les zombies de la culture vaudou y côtoient le loup-garou de la culture anglo-saxonne.
Comme le souligne pertinemment le journaliste Sébastien Danchin, "C’est vraiment lui qui a permis à la musique noire de devenir une musique universelle. Avec Michael Jackson, il n’est plus question d’aller puiser dans la musique noire c’est la musique noire qui s’impose". Michael devient sans doute le premier noir dans lequel beaucoup de blancs peuvent s’identifier. Malgré son obsession à vouloir blanchir sa peau, tentant de s’affranchir des liens imposés par ses origines ethniques en modifiant son apparence physique, ce qu’il faudra retenir de Michael Jackson est qu’il aura paradoxalement, "(…) fait que la culture a accepté une personne de couleur, bien avant Tiger Woods, Oprah Winfrey et bien avant Barack Obama. Il a été à la musique ce qu'ils ont été au sport, à la télévision et à la politique". Merci à Brain Magazine pour l'inspiration
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